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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski.

Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski.

Quittons la thématique historico-militaire et revenons à Jean-Philippe Jaworski dont j’ai terminé durant le mois de juin un livre supplémentaire. Je pense pouvoir qualifier cet auteur de découverte de l’année. C’est en effet le quatrième ouvrage signé de sa main que je termine en l’espace de trois mois. Le dernier s’intitule Janua Vera et est un recueil de nouvelles (huit au total). Les intrigues prennent place dans le même univers que Gagner la Guerre, parfois à des époques différentes. Jean-Philippe Jaworski semble se délecter de détailler encore et encore son imaginaire. Et c’est une délectation pour le lecteur à qui s’offre ce luxe de détails. L’auteur explore divers aspects de son univers et porte son écriture à plusieurs niveaux.

Ainsi, la première nouvelle est l’histoire d’un roi féroce et ambitieux mais tourmenté. Dominateur et conquérant, il rencontrera son destin sous la plume ironique de Jean-Philippe Jaworski. A l’inverse, le conte de Suzelle est un récit bucolique et guilleret dont les pages se chargent peu à peu d’émotions. L’histoire grandit en même temps que son personnage dont le crépuscule est illustré par l’écriture talentueuse de l’écrivain. L’insouciance cède à peu à peu le pas à la vie réelle, à ses malheurs et aux poids des ans. La chute est une explosion d’insouciance mais encore l’écriture nous fait balancer entre larmes et rire. Nous retrouvons l’inévitable Benvenuto Gesufal, soudard sans foi ni loi dans une nouvelle qui annonce Gagner la Guerre. Les lames virevoltent en même temps que l’intrigue dans un complot à tiroirs dont notre (anti-)héros se tire contre toutes attentes. La lutte pour la survie de Cecht, féroce guerrier barbare, est une mise en abyme dont on ne sait quelle est la part de vécu et le part de rêve chez le personnage. Nous plongeons enfin (littéralement) dans le culte du Desséché, le dieu des morts, à travers le vœu d’obscurité.

Jean-Philippe Jaworski nous fait une fois de plus la démonstration de son talent. Celui-ci s’exerce dans la nouvelle, art difficile mais dont la maîtrise par l’auteur, débouche sur un jeu avec le lecteur. Les intrigues sont à tiroirs, s’entrecroisent (parfois avec d’autres ouvrages) et il est souvent difficile de discerner dans quel tiroir il faut chercher. Le lecteur est placé en déséquilibre, parfois spectateur, parfois acteur amené dans le récit par les protagonistes. Les nouvelles de Jean-Philippe Jaworski ne sont pas un roman en raccourci. Elles sont telles une pierre ciselée et taillée avec soin par son créateur. Elles sont des objets régis par leurs propres lois, grâce à la puissance de l’écriture, dans le Vieux Royaume dont on découvre l'univers grâce à ces pépites. Au-delà de leurs mystères, Janua Vera nous ouvre plusieurs rideaux sur le Vieux Royaume. Plaisir d’en apprendre plus sur l’univers de l’auteur, plaisir du style riche et fluide, plaisir du jeu d’écriture. C’est un voyage que nous offrent ces nouvelles.

Juin 2016. A lire.

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