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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

Le Mexicain, de Jack London

J’ai acheté le Mexicain hier dans une librairie. Jack London est un auteur connu mais dont je n’ai jamais eu l’occasion de lire l’oeuvre. Quant au thème, la Révolution mexicaine dans les années 1910, c’est une période historique méconnue éclipsée par la Première Guerre mondiale qui éclate dans la foulée. Deux arguments forts pour me procurer cette nouvelle (48 pages, plus l’avant-propos et la postface). Achetée hier après-midi, dévorée et achevée hier soir.

Écrivain engagé politiquement dans le socialisme américain, Jack London ne pouvait qu’être attiré par la Révolution mexicaine, prenant place juste au sud de la frontière américaine. Sa nouvelle se déroule cependant hors du Mexique et de ses combats pour la révolution. C’est à Los Angeles, arrière-cour des révolutionnaires mexicains, que se noue et dénoue l’intrigue de la nouvelle. Celle-ci met d’abord en scène un combat de l’ombre : collecter de l’argent pour la révolution, acheter et faire passer des armes au Mexique pour la révolution, recruter des hommes pour la révolution. Lorsque Felipe Rivera, petit jeune homme chétif au regard glacial et déterminé, se présente pour se mettre au service de la révolution, il n’inspire que répulsion et méfiance aux révolutionnaires qui ne lui confient que le ménage de leur local. Le jeune Felipe Rivera s’en contente. Le personnage apparaît froid et antipathique. Son dévouement fanatique et glacial à la révolution laisse pourtant présager des raisons plus profondes à son engagement. L’adolescent intrigue, suscite la curiosité du lecteur.

L’argent est le nerf de la révolution et ne cesse de manquer. C’est par Felipe Rivera qu’arrivera la solution. Le combat pour le financement de la révolution prenait place dans le grand combat révolutionnaire. Un autre combat se retrouve enchâssé dans ces autres luttes. Je ne dévoilerai pas le combat de Felipe Rivera mais celui-ci est brutal, individuel, physique et moral à la fois. Le personnage donne littéralement son corps et son âme pour la révolution. Ce combat qu’il mène est-il dans l’esprit de Jack London une personnification de la Révolution mexicaine ? La détermination, l’espoir et le dévouement les plus profonds pour la cause animent Felipe Rivera alors que son âme et son corps payent leur tribut pour le triomphe de ce combat personnel et du combat révolutionnaire. Le choix par Jack London de ce thème est habile car il porte le combat de l’ombre de Felipe Rivera en pleine lumière, personnifie la révolution et surtout en expose le symbole : une lutte, œuvre sociale et libératrice, se déroule sous les yeux des Américains qui s’en désintéressent totalement.

Centré sur un personnage caractérisé de manière négative (« regard venimeux et reptilien », « maussade », « terrible et impénétrable », « haine contenue et mystérieuse »), animé par la brutalité, l’indifférence et le mépris, le texte dévoile le talent de Jack London. Derrière cette écriture dure et brutale, c’est un idéal transcendant qui paraît. En quelques pages, le Mexicain nous porte vers le sublime.

Juillet 2017. 

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