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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

Les Vainqueurs, comment la France a gagné la Grande Guerre, de Michel Goya

 

Cet article a été enregistré en podcast : lien vers le podcast.

La sortie d’un ouvrage de Michel Goya est toujours un instant de délectation. La lecture de la Chair et l’Acier à sa sortie m’avait passionné, au point de lire et relire ce livre plusieurs fois. Étaient ensuite venus Irak, les armées du chaos, puis Sous le feu. Entre chacune de ces parutions, les analyses de la Voie de l’Epée, le blog de Michel Goya, sont toujours un régal pour le lecteur.

Avec les Vainqueurs, cet auteur retrouve une période à la fois connue et méconnue, la Grande Guerre. La figure du Poilu est présente sur les monuments aux morts dans les communes françaises, nous pouvons pour la plupart citer un ancêtre qui était dans les tranchées et le 11 Novembre nous rappelle chaque année la fin de cette guerre, la soi-disant Der des Ders. Nous en savons pourtant si peu. Le 11 novembre 1918 est avant tout une victoire. Le traité de Versailles consacre la défaite d’une Allemagne vaincue. Face à cette dernière, l’armée française a tenu un rôle majeur, et pas seulement sur le front français (en témoigne le récit fait dans l’ouvrage de la percée de l’Armée d’Orient, fatale pour l’Empire austro-hongrois). 

Michel Goya s’emploie durant tout son ouvrage à analyser l’excellence tactique et opérationnelle de l’armée française victorieuse de 1918. Celle-ci, en pointe sur les plans tactiques et matériels, est l’armée la plus moderne du monde. Ses chefs et ses combattants maîtrisent un ensemble de savoir-faire complexes mais terriblement efficaces. Un an après les mutineries de 1917, quelques mois après avoir subi le choc des offensives allemandes du printemps 1918, l’armée française a prouvé sa résilience. La description minutieuse des opérations par l’auteur, précédée d’une analyse de la situation stratégique et d’un rappel des forces en présence et de leurs doctrines d’emploi, montre une force au sommet de son art. Loin de se limiter à une fastidieuse énumération de combats, cette description des opérations est à chaque fois couplée avec une analyse de la préparation opérationnelle et tactique, ainsi que de la planification. Avec son style efficace et fluide, Michel Goya nous rappelle que 14-18 ne se limite pas au mythe de la fleur au fusil ou aux combats de Verdun. Les structures du combat interarmes d’aujourd’hui sont ainsi nées véritablement sur les champs de bataille de 1918. La maîtrise de la mobilité tactique et opérationnelle, les flux logistiques, la création du combat dans la 3ème dimension sont autant d’aspects omniprésents en 1918 comme aujourd’hui. On ne peut totalement comprendre l’armée française de 2018 sans s’intéresser à celle de 1918.

Hélas, la victoire fait lentement mais sûrement glisser l’armée française dans une sclérose doctrinale dont les conséquences vingt plus tard seront fatales. Cependant, n’oublions pas les vainqueurs. Un livre court mais passionnant. 

Septembre 2018. A lire. 

 

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