Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

Le Retour des Cendres de l’Empereur Napoléon, du général Gourgaud

Nous avions quitté il y a quelques mois Gourgaud et son Journal de Sainte-Hélène. Après des tensions croissantes avec Napoléon, notre auteur entretint des rapports complexes mêlés de jalousie et d’adoration aveugle. Gourgaud quitta Sainte-Hélène, épuisé moralement par trois ans de captivité. Vingt-cinq ans plus tard, en1840, il retourne sur cette île à l’occasion du retour des cendres de Napoléon. Louis-Philippe, désireux d’exploiter la légende napoléonienne grandissante, tenta en effet d’en tirer un bénéfice politique celle-ci en ramenant son corps en France. Une expédition, menée par son fils le prince de Joinville et composée d’anciens compagnons d’exil (Gourgaud, Bertrand, Marchand, Las Cases). 

 

Conscient de vivre un moment historique, à l’instar de l’exil 25 ans auparavant, Gourgaud coucha sur le papier le récit de cette expédition. Le Retour des Cendres de l’Empereur Napoléon est un petit ouvrage très court (70 pages, présentation comprise), rapide à lire. Destiné à la publication, le texte est plus travaillé que celui du journal, beaucoup moins brut dans son écriture. 

 

Après le récit des mondanités ponctuant l’arrivée à Sainte-Hélène, le retour à Longwood ou les retrouvailles avec d’anciennes connaissances de l’exil, le moment central du livre reste évidemment celui de l’exhumation. Minute par minute, Gourgaud fait le récit de l’ouverture du tombeau et du cercueil. Vingt-deux ans après leur ultime rencontre, Gourgaud se retrouve en face de son idole : « il faut avoir aimé la personne de l’Empereur comme moi pour comprendre tout ce qui s’est passé dans mon âme lorsque le docteur Guillard, ayant enlevé le coussin en commençant par les pieds, nous laissa voir à travers des flots de larmes, les restes mortels de notre héros ». Cet extrait n’est qu’un aperçu de l’émotion qui parcourt tout l’ouvrage. 

 

Mais Gourgaud reste Gourgaud, jaloux, sourcilleux, entêté. Après ces belles pages remplies d’émotion, la fin de son récit se perd dans une obscure querelle de préséance avec le fils de Las Cases, réminiscence de sa rivalité avec l’auteur du Mémorial de Sainte-Hélène. Encore une fois, Bertrand fait de son mieux pour arrondir les angles. En seulement quelques pages, le texte de Gourgaud offre un bon exemple de ce qu’est le Journal de Sainte-Hélène et des multiples situations décrites par le premier officier d’ordonnance de l’Empereur.

 

Lire le Retour des Cendres est l’occasion de découvrir Gourgaud, personnage attachant, fanatiquement dévoué à son idole, avant de se plonger dans son journal, beaucoup plus vif et direct dans la description du morne quotidien de Sainte-Hélène. C’est également lire un témoignage de la légende napoléonienne, le récit d’une étape vers ce monument désormais ouvert aux visiteurs : le tombeau de Napoléon aux Invalides. 

 

Mars 2020

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article