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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

Poincaré, de Georges Valance


Le nom de Raymond Poincaré se rattache à une période forte de l’Histoire de France : la Première Guerre mondiale. Président de la République de 1913 à 1920, cet homme politique meusien incarna l’Union sacrée lors du déclenchement de la Guerre. En 1917, il appela à la présidence du Conseil son meilleur ennemi, Georges Clemenceau (qui l’affubla du cruel surnom de « meusosaure »). L’œuvre politique de Poincaré, né en 1860, mort en 1934, ne se limite pourtant pas à cela. Sa vie et sa carrière politique coïncidèrent quasiment avec l’histoire de la IIIe République. Député, sénateur, plusieurs fois ministres, président du Conseil à trois reprises, président de la République, Raymond Poincaré se hissa à travers toutes les étapes du cursus honorum républicain. Plus grande particularité encore, deux de ses présidences du Conseil se situèrent après son passage à l’Elysée. Dans la mémoire politique française, Poincaré incarne ainsi le retour réussi aux affaires, l’homme providentiel devenu source d’inspiration pour d’autres personnalités politiques plus récentes. C’est à ce titre que cette biographie de Poincaré, de Georges Valance, constitue une lecture intéressante pour découvrir ce personnage. Comment un homme aussi peu flamboyant, dont la rigueur dans la posture et le travail pourrait être confondue avec une personnalité terne, cible préférée de Clemenceau, en vint-il à devenir une figure providentielle ?

Cette biographie de Georges Valance n’est pas son premier ouvrage historique. Cet auteur compte en effet à son actif d’autres livres : sur Thiers, Haussmann, Giscard d’Estaing, mais également sur les relations franco-allemandes. Georges Valance fut également journaliste à l’Express. Ce point se ressent à travers une écriture journalistique. Ce style n’est pas mon favori mais il s’avère ici qu’il est maîtrisé et fluide, donne un certain rythme au récit.

Sur le fond, Georges Valance remet bien en perspective le rôle de Poincaré dans l’histoire de la IIIe République : consolidation des institutions républicaines, renouvellement du personnel politique, Affaire Dreyfus, Belle Epoque, Grande Guerre, crises des Années folles. Poincaré, dont la malédiction pourrait être d’avoir eu l’éclatant Clemenceau comme rival, a tenu un rôle clé dans la vie politique française. En témoignent ses rappels au pouvoir, illustration de l’importance qu’il occupait dans les esprits de l’époque. Il est intéressant de voir le positionnement politique de Raymond Poincaré à travers les critères du clivage politique d’antan (laïcité, républicanisme). De façon surprenante en comparaison de nos critères contemporains, Poincaré est alors considéré comme un homme de gauche, poussé peu à peu vers le centre droit au fil de l’évolution du spectre politique. Sans sombrer dans un strict parallélisme entre notre époque et celle de Raymond Poincaré, ce point est l’un de ceux qui contribuent à tirer de ce livre une riche matière à réflexion.

Novembre 2021

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