La Route de San Romano, de Frédéric Jacques Temple

Publié le par hogass_1864


C’est au cours d’un échange improvisé que j’ai découvert ce livre. Au cours de cette discussion, mon interlocuteur est allé récupérer l’ouvrage dans son bureau, puis m’a lu quelques lignes avant de me tendre le livre, en prêt. Je me suis donc retrouvé avec ce court roman, long d’une centaine de pages, écrit par Frédéric Jacques Temple, un ancien combattant du Corps expéditionnaire français en Italie. La Route de San Romano n’est que l’une des œuvres de cet écrivain prolifique, auteur de poèmes, romans et essais. Je découvre en lisant la biographie de Frédéric Jacques Temple qu’il a entre autres fréquenté Blaise Cendrars et Curzio Malaparte.

D’emblée, la force de l’écriture m’a saisi et m’a en effet évoqué le style fiévreux, haletant de l’écrivain italien, auteur de Kaputt ou Soleil est aveugle. Pendant longtemps, j’ai laissé traîné la Route de San Romano, un peu honteux de ne pas honorer la confiance témoignée par mon interlocuteur à travers ce prêt. Et puis un soir de noël, j’ai ouvert le roman.

Dès les premières lignes, la coïncidence de ce soir de noël avec celui vécu dans le récit par les protagonistes voguant vers l’Italie m’a frappé. J’ai poursuivi ma lecture. Ce roman est une locomotive qui frappe de plein fouet son lecteur. Puissante, fiévreuse, mais admirablement travaillée, l’écriture submerge le lecteur. Ce dernier ressent l’insécurité des protagonistes, leur incertitude quotidienne, la trouille qui les saisit. Il tourne les pages avec la même sensation que celui qui franchit le no man’s land sous le feu, prêt à recevoir la mort à tout moment. Il m’a fallu à peine une heure pour achever ce roman, transporté par la plume de l’auteur. La vie, la violence, la peur, la camaraderie, le froid, la souffrance émaillent ce formidable récit, stèle érigée en mémoire des morts et des vivants.

La Route de San Romano est un petit roman qui mérite amplement l’heure d’attention qu’un lecteur lui consacrera. La brutalité du texte sidère le lecteur, le malmène. Mais aux côtés de cette brutalité, le style possède une finesse qui fait de ce roman une très belle oeuvre. Quelques minutes après l’avoir refermé, le bouillonnement d’émotions suscitées par ce livre continue de me saisir. Lisez la Route de San Romano. Ce ne sera qu’une juste continuation du travail de Frédéric Jacques Temple, mort en 2020, pour conserver le souvenir de ceux d’Italie.

Merci à mon grand Ancien pour la découverte de ce magnifique roman. Merci pour votre confiance et votre bienveillance.

Décembre 2021.

 

 

 

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