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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

La bataille de Monocacy, 9 juillet 1864

Le 9 Juillet 1864 durant la Guerre de Sécession, le Nord et le Sud s’affrontent durant la bataille de Monocacy (Maryland). A environ 70km de Washington, une petite armée fédérale (5800 hommes) commandée par le major général Lew Wallace affronte les forces confédérées du lieutenant général Jubal Early (14 000 hommes) Que retenir de cette bataille ?

major général Lew Wallace (1827-1905)

Les deux principaux antagonistes de cette journée se nomment Lew Wallace et Jubal Early. Du côté fédéral, Lew Wallace est un avocat engagé dans l’armée de l’Union. Devenu général, il commande une division à Shiloh en 1862. Son retard controversé durant cette bataille lui vaut d’être mis au placard par Grant. En 1864, il exerce ainsi un commandement secondaire. Ce coup d’arrêt dans sa carrière militaire a généré une profonde amertume chez Lew Wallace dont l’oeuvre littéraire la plus connue, Ben Hur, fut probablement une catharsis de cet épisode. En face, Jubal Early est l’un des commandants de corps de Lee. Nommé à la tête des forces confédérées de la vallée de la Shenandoah, il parvient à prendre pied dans le Maryland, Etat unioniste, et menace Washington. Le poids symbolique de la capitale des Etats-Unis suscite d’emblée la fébrilité au sein de la Maison blanche et du Capitole.

Lieutenant général Jubal Early (1816-1894)
Eté 1864 : l’armée confédérée menace Washington

C’est sur les rives de la Monocacy River que les généraux antagonistes et leurs armées se rencontrent. Lew Wallace se bat à un contre trois et commande une force hétéroclite. Il a cependant choisi une position défensive favorable sur les hauteurs de la rivière dont il souhaite interdire le franchissement. Interdire le franchissement la Monocacy River offrira du temps aux défenses de Washington pour monter en puissance et laisser du temps au 6e Corps de l’Armée du Potomac, envoyé en renfort, pour gagner ses positions.

Les rives de la Monocacy River

La bataille débute dans la matinée du 9 juillet 1864. Durant plusieurs heures, les Fédéraux tiennent leurs positions face aux assauts sudistes mais finissent par battre en retraite dans l’après-midi. Environ 1200 soldats nordistes sont hors de combat contre un millier de sudistes.

Si tactiquement, c’est une défaite fédérale, sa portée en est très limitée : Lew Wallace a retardé d’une journée la marche d’Early vers Washington. A cela s’ajoute l’épuisements des soldats sudistes qui ont combattu sous la chaleur de l’été et marchent depuis des jours. Early est pris entre vitesse et précipitation : il atteint les faubourgs de Washington le 11 juillet mais se retrouve dans l’incapacité d’attaquer la capitale nordiste faute d’un rapport de forces favorable. Les puissantes défenses de Washington ont en effet reçu leurs renforts. L’attaque confédérée contre Washington se limite à des échanges de tir devant Fort Stevens, aux abords de la capitale. Sur les parapets du fort se trouve Abraham Lincoln, le président des Etats-Unis, qui assiste ainsi directement aux combats. Au sein des forces sudistes figure John C. Breckinridge, ancien vice-président des Etats-Unis et candidat perdu des Etats du Sud lors de l’élection présidentielle de 1860. Durant toute l’histoire des Etats-Unis, c’est l’unique fois où deux anciens concurrents dans la course à la Maison blanche se retrouve opposés sur un champ de bataille. Après les combats de Fort Stevens, l’armée confédérée bat en retraite vers la Virginie. Early aurait-il pu vraiment prendre Washington sans le coup d’arrêt porté par Lew Wallace. La discussion est ouverte mais il est certain que la résistance de l’Union à Monocacy a enterré ses chances.

Durant cette bataille, Lew Wallace a mêlé sens de l’initiative et intelligence tactique. Le général nordiste a également démontré ici une excellente compréhension du but à atteindre : la consolidation des défenses de La capitale. Agissant pour des enjeux dépassant le seul cadre tactique, il a accepté d’absorber le choc de l’armée sudiste et la défaite. La bataille de Monocacy illustre bien à ce titre comment un combat peut s’intégrer dans un dessein plus large et que cette intégration doit être comprise et assimilée par le chef tactique. Vingt ans plus tard, Ulysse Grant reconnaît dans ses mémoires le rôle tenu par Lew Wallace.

To Take Washington, la bataille de Monocacy adaptée au plan ludique

Sur le plan ludique, cet épisode a été recréé par ce jeu, To Take Washington. Le pion tactique de base est le régiment. La conséquence des combats de la Monocacy sur le rapport de forces devant Washington y est notamment simulée. Plus le Confédéré l’emporte tôt, plus il aura de forces à aligner dans son attaque contre Fort Stevens. 

Le champ de bataille en hexagones


 

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