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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

#CeJourLa - 13 août 1704 : la bataille de Blenheim

 

#CeJourLa 13 août 1704 : bataille de Blenheim (ou Höchstädt). Durant la Guerre de Succession d’Espagne, après avoir opéré leur jonction, le duc de Marlborough et le prince Eugène infligent ensemble une sévère défaite à l’armée franco-bavaroise. Que retenir de cette bataille ? ⬇️

 

Durant l’été 1704, du côté de l’Alliance, les efforts sont concentrés sur la Bavière afin de neutraliser cet allié de Louis XIV. Commandées par Marlborough et Eugène, les forces alliées ravagent cet Etat depuis quelques semaines.

 

En mai 1704, Marlborough et son armée étaient encore sur le Rhin, à 400km de la Bavière. Manipulant habilement ses alliés hollandais, le duc a traversé l’Allemagne avec ses forces en cinq semaines, réalisant une prouesse logistique rare pour l’époque. Elle ne doit rien au hasard : finement préparée par l’établissement d’un réseau de dépôts sur l’itinéraire ainsi qu’une bonne tenue des troupes, gagnant un accueil favorable de la population, la marche constitue aussi une prise de risques peu courante chez les généraux de cette guerre.

 

La traversée de l’Allemagne par Marlborough

 

Côté franco-bavarois, l’Electeur Max-Emmanuel de Bavière, les maréchaux de Marsin et de Tallard ont joint leurs forces afin de mettre fin à la dévastation de la Bavière par les armées alliées. Les deux camps finissent par se rencontrer à Blenheim. 

 

L’armée franco-bavaroise (48 000 hommes) s’est déployée à la hâte en défensive en s’appuyant sur le terrain (Danube sur la droite, reliefs sur la gauche, villages tout le long de la ligne qui sont autant de points d’appui). Un ruisseau, le Nebel, se trouve en avant des positions françaises mais aucune force n’interdit son franchissement. Au contraire, sur la droite française, d’importantes troupes ont été massées dans le village de Blenheim. Il n’y a pas d’unité de commandement dans l’armée franco-bavaroise.

 

Le déploiement des deux armées (rouge : Franco-Bavarois / bleu : alliés)

 

En face, Marlborough et Eugène se sont à l’inverse chacun trouvés comme alter ego. Leur coordination est remarquable. Ils ont l’initiative face à un déploiement franco-bavarois statique et vont en profiter. Ils alignent au total 51 000 hommes. 

 

L’assaut est lancé au petit matin. Les deux armées s’affrontent jusqu’au soir dans de sanglants combats. La coordination au sein de l’armée franco-bavaroise est mauvaise et s’ils tiennent solidement Blenheim, les bataillons enfermés dans le village se laisse enfermer dedans. Tentant de dégager le village, Tallard, l’un des chefs français, se retrouve au milieu de troupes ennemies que sa myopie lui avait fait confondre avec des amis. Il est capturé. Brisée, l’armée franco-bavaroise est mise en déroute. Le soir, les 9000 soldats français encerclés dans Blenheim capitulent. La rareté du fait est l’un des points donnant son retentissement à la bataille. Le prestige de l’armée du Roi-Soleil, quasi-invaincue jusque-là, est sérieusement entaché. C’est une longue descente aux enfers de plusieurs années pour les armes de la France.

 

La ligne franco-bavaroise rompt

 

Mise en déroute

L’armée franco-bavaroise a perdu 50% de ses effectifs, dont 11 000 prisonniers, contre 12 000 alliés. Les débris de l’armée vaincue abandonnent la Bavière tandis que les alliés exploitent leur victoire en s’emparant de plusieurs places.

 

La victoire éclatante des alliés consacre Marlborough et Eugène comme les deux généraux les plus talentueux de l’Alliance (si ce n’est de l’époque). Elle accroît encore le poids politique du duc britannique au sein de la coalition européenne.

 

Signe du retentissement de la victoire dans sa carrière, son palais, bâti aux frais de la Couronne, porte le nom de Blenheim. Plusieurs œuvres dans ce palais, qui se visite, témoigne encore aujourd’hui de la gloire du général britannique. 

 

Le palais de Blenheim

Durant la Seconde Guerre mondiale, un bombardier de la Royal Air Force porte le nom de Blenheim. Cinq bâtiments de la Royal Navy furent nommées d'après la bataille.

 

Bombardier Blenheim de la Royal Air Force

 

Permise sur le plan stratégique par une prise de risques accompagnée d’une planification logistique solide, la victoire de Blenheim repose sur prise de l’initiative dont le rendement a été démultiplié par l’unité de commandement du côté allié. 

 

Deux excellentes références (qui m’ont servi de sources) pour approfondir ce sujet, toutes les deux écrites par Clément Oury, historien français spécialiste de la Guerre de Succession d’Espagne :

La Guerre de Succession d’Espagne, la fin tragique du Grand Siècle 

Le Duc de Marlborough : John Churchill, le plus redoutable ennemi de Louis XIV

 

Sur le plan ludique, la Guerre de Succession d'Espagne peut être jouée à travers cet excellent wargame : No Peace Without Spain, édité par Compass Games (récit de partie disponible ici).

 

Août 2022

 

 

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