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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

#CeJourLà - 18 août 1870 : "ça tombe comme à Gravelotte !"

#CeJourLà 18 août 1870 : « ça tombe comme à Gravelotte ». Que trouve-t-on derrière cette expression ? Que retenir de la bataille de Gravelotte (ou Saint-Privat) ? ⬇️ 

Mort du commandant Berbegier à la bataille de Saint-Privat, le 18 août 1870, d'Edouard Detaille

Deux jours après la bataille de Rezonville (le 16 août 1870, lire récit de partie en lien), les armées française et prussienne s’affrontent à nouveau aux sorties Est de Metz.

Août 1870 : les batailles de Metz

Prétextant le besoin de recompléter les forces françaises en munitions après la bataille de Rezonville, le maréchal Bazaine, commandant en chef de l’Armée du Rhin, n’exploite pas son succès tactique du 16 août et reste immobile avec son armée devant Metz plutôt que de retraiter vers Verdun. L’apathie du chef français laisse le temps à von Moltke, commandant prussien, de rallier et concentrer ses forces devant Metz. Face à une armée française statique, les Prussiens ont l’opportunité de couper les communications entre Bazaine et le reste de la France.

Le maréchal Bazaine

Les Français alignent quatre corps d’armée. La Garde impériale, la réserve d’artillerie et la cavalerie sont en réserve. Les Prussiens déploient six corps d’armée et disposent d’une puissante artillerie. Environ 300 000 hommes sont présents au total.

L’attaque prussienne débute en début de matinée. Malgré leur immobilisme, les Français sont retranchés sur une belle position défensive. Armés des excellents fusils Chassepot et de mitrailleuses (« canons à balle »), ils déploient une puissance de feu dévastatrice. L’agressivité prussienne est à son pinacle : les régiments sont lancés vague après vague dans de furieux assauts frontaux. Les artilleurs eux-mêmes installent leurs batteries en avant de l’infanterie et sont décimés par le feu français, puissant et précis.

le 9e Bataillons de Chasseurs de Lauenburg à Gravelotte, d'Ernst Zimmer

A quelques kilomètres en arrière, Bazaine reçoit bien les compte-rendus d’une attaque prussienne mais les écarte, considérant que ce n’est qu’une simple escarmouche. Malgré son apathie, la ligne française tient et inflige de lourdes pertes aux Prussiens.

Le Cimetière de Saint-Privat, d'Alphonse de Neuville

Dans l’après-midi, la Garde prussienne est à son tour lancée à l’assaut. Environ 8000 soldats tombent durant l’attaque. L’opportunité d’une contre-attaque s’offre aux Français. Le maréchal Canrobert, commandant le VIe Corps, voit cette opportunité et demande l’intervention de la Garde impériale. Bazaine se complaît dans son inaction. Le général Bourbaki, commandant la Garde, n’ose pas avancer sans ordres. Malgré leurs pertes, les Prussiens conservent l’initiative. Dans la soirée, l’aile droite française est débordée et bat en retraite. Une division de la Garde impériale envoyée en appui se joint à la retraite.

Le maréchal Canrobert et le général Bourbaki

Les pertes sont lourdes pour les deux camps (d’où l’expression « tomber comme à Gravelotte ») : 20 000 soldats allemands sont tombés contre 12 000 Français. Bazaine s’enferme dans Metz dont le siège débute quelques jours plus tard. Il capitule en octobre. Le bilan est désastreux pour la France et son armée : la principale armée impériale, professionnelle et expérimentée, est assiégée dans Metz sans jamais avoir tenté de prendre l’initiative. La destruction de l’autre armée impériale et la capture de Napoléon III à Sedan, quelques jours plus tard, sonnent le coup de grâce.

Dans les décennies suivantes, les batailles de Metz furent disséquées par les armées française et allemande. Foch et Pétain, pour ne citer qu’eux parmi d’autres officiers français, utilisèrent ces combats comme supports de leurs cours à l’Ecole supérieure de Guerre.

Ecrits de Pétain et Foch sur 1870

Plus récemment, dans son remarquable livre, Michel Goya analyse notamment la manière dont le comportement des chefs français en 1870 fut un repoussoir intellectuel pour le corps des officiers français d’avant 1914, tiré vers toujours plus d’agressivité. Ces quelques lignes sont bien trop courtes pour analyser en détail les tenants et aboutissants de la bataille. Celle-ci constitue toutefois entre autres un remarquable champ d’étude sur les conditions de la prise de décision. Pourquoi Bazaine reste-t-il autant apathique malgré les nombreux compte-rendus reçus ? Quelles conséquences auraient eu la montée en ligne de la Garde impériale si le général Bourbaki avait pris la décision d’intervenir avec ses troupes ?

L'Invention de la Guerre moderne, de Michel Goya

Comme le montrent les nombreuses illustrations utilisées dans ce fil, la Guerre franco-prussienne de 1870-1871 fut une puissante source d’inspiration pour l’art (Edouard Detaille et Alphonse de Neuville par exemple)

Le Rêve, d'Edouard Detaille

En Août 2022 complément de cet article, cette liste de lecture en partie liée à la Guerre franco-prussienne de 1870-1871 permet d'approfondir le sujet. 📚

Août 2022

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