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Par Etagèreslivres
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L’ordre d’opérations signé par Leclerc pour la Libération de Paris est considéré comme un modèle du genre mais jamais personne n’explique pourquoi.
Sur la forme, le lecteur notera le style militaire, sans fioritures du texte : sujet - verbe - complément. Le propos va à l’essentiel.
Sur le fond, lorsqu’il lance la 2e DB vers Paris, le général Leclerc peut se permettre un ordre aussi court car il s’agit d’une manœuvre à l’échelle d’une division, échelon relativement modeste à cette époque. Le délai avant l’exécution de l’ordre est extrêmement réduit (ordre signé à 18h00 pour un départ à 07h00). La diffusion et l’appropriation de l’ordre dans l’ensemble des échelons subordonnés exige quelque chose de simple à comprendre et mettre en œuvre. Par ailleurs, le facteur temps joue contre les Alliés et les FFI insurgées dans Paris. La compression de la boucle décisionnelle passe par un ordre ramassé.
En termes d’esprit de la mission, le mouvement de la 2e DB vers Paris est un raid blindé qui la mène dans une zone déjà partiellement contrôlée par des forces amies (FFI). Le besoin de l’ensemble des mesures de coordination nécessaires à une attaque en force est donc bien moindre.
On note le caractère très vague du paragraphe Renseignements. Les FFI fourniront aux unités de pointe tout le renseignement nécessaire sur la localisation et la force des centres de résistance allemands. Il est donc peu utile de détailler cette partie-là.
La zone d’action des groupements tactiques est très large (quartiers de l’agglomération parisienne) donc les problématiques d’alignement des unités subordonnées ne se posent pas vraiment.
La connaissance mutuelle entre Leclerc et ses subordonnés favorise le « non-écrit. » Des consignes orales données par un chef qui comprend parfaitement ses subordonnés et vice-versa favorise la contraction d’un ordre vers l’essentiel.
En comparaison, une manœuvre exigeant plus de méthode, comme l’attaque d’une position fortifiée avec de nombreux moyens, se matérialiserait par un ordre plus consistant et bien plus fourni. Dans cette situation, les besoins en coordination sont bien plus élevés. Dans le même ordre d’idée, si le chef et ses subordonnés se connaissent peu, l’ensemble devra être plus détaillé et explicite.
Pour ceux qui ne connaissent pas et / ou sont de passage à Paris, je recommande cet excellent musée situé dans le 14e arrondissement : Musée de la Libération de Paris – du général Leclerc – de Jean Moulin.
Juillet 2026.
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