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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, wargame, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

La Bataille de Malplaquet - 1709, d'André Corvisier


Cela doit faire vingt ans que la Bataille de Malplaquet - 1709, d’André Corvisier, traîne sur mes étagères. Je me rappelle d’une rapide tentative de le lire avant d’abandonner au bout de quelques pages. A l’époque, je ne m’intéressais guère à l’art de la guerre du Grand Siècle. Entretemps, j’ai lu deux livres remarquables livres sur la bataille de Malplaquet (Maurice Sautai et Clément Oury). Puis récemment, à la suite de la date anniversaire de ce combat, je me suis décidé à le ressortir et aller au bout.

La structure du Malplaquet d’André Corvisier est classique : situation générale, campagne de 1709, récit de la bataille et description de ses conséquences, le tout en 137 pages (hors annexe, notes et bibliographie). L’ouvrage est synthétique, aisé à lire. L’auteur va en effet à l’essentiel. Pour une personne peu familière de la Guerre de Succession d’Espagne, un fond de sac est requis car si André Corvisier rappelle le contexte et les principales figures du conflit et de la campagne, il ne s’attarde guère dessus. Pour un lecteur découvrant la bataille, le propos est simple et efficace. Il remplit son objectif.

Inévitablement, le livre d’André Corvisier souffre de la comparaison avec celui de Clément Oury. En tant qu’objet, les deux ouvrages n’ont rien à voir : le second est de bien meilleure facture que le premier. Perrin surclasse largement Economica dans l’édition de ses livres. Les cartes elles-mêmes n’ont rien à voir. Celles d’André Corvisier sont réalisées à main levée et très bien réalisées mais imprimées en noir et blanc, elles sont illisibles. Pour Clément Oury, Perrin a fait réaliser les cartes (en couleur) par un professionnel. Cela peut sembler être un détail mais cela contribue nettement à la lisibilité du propos qui peut ainsi s’appuyer sur des cartes. La fin du Corvisier est abrupte (la conclusion tient en une demi-page). En comparaison, celle de Clément Oury est bien plus copieuse et ouvre plusieurs perspectives d’analyse. Il ne s’agit pas de faire table rase du travail d’André Corvisier. Dans son livre, Clément Oury évoque directement l’apport de son prédécesseur à l’historiographie de la bataille et plus largement de la guerre au Grand Siècle.

Pourquoi lire la Bataille de Malplaquet, d’André Corvisier ? Soit, comme moi, vous trouvez cette bataille passionnante et vous lisez tout ce qui tombe sous la main. Une autre raison de le lire est simplement d’étudier les évolutions de l’historiographie et de l’édition. Qu’est-ce qui fait qu’un livre se mette à mal vieillir ou bien est remplacé par une autre référence ? La comparaison entre les ouvrages d’André Corvisier nous offre un exemple intéressant. Néanmoins, ancien ne signifie pas périmé : sur cette même bataille, le livre de Maurice Sautai (1904) est une référence difficilement contournable. Il reste que Malplaquet est une bataille passionnante à étudier, à la fois tactiquement mais également pour les effets stratégiques qu’elle produit.

Septembre 2026

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