Août 1944 : la Bataille de Montélimar, de Stéphane Lavit et Vincent Sniprat

Publié le par hogass_1864

Il y a quelques années, mes allers-retours hebdomadaires entre Lyon et Draguignan m’ont amené à passer devant Montélimar. Sans le savoir, je passais sur les lieux d’âpres combats. En août 1944, suite au débarquement allié en Provence, les forces allemandes battent en retraite vers le nord. Leur axe de retraite suit la N7. Afin de les bloquer, l’US Army envoie une force.

Rédigé par deux passionnés, Stéphane Lavit et Vincent Sniprat, publié par Histoire & Collections, Août 1944 : la Bataille de Montélimar nous propose en 95 pages un récit de cet épisode méconnu de la Libération, bref mais violent. Richement illustré, l’ouvrage se lit aisément. Le militaria n’est pas forcément ma tasse de thé mais les amateurs y trouveront leur compte avec de nombreuses photos d’objets retrouvés sur le champ de bataille (casques, insignes, équipements, etc). Du débarquement du 15 août jusqu’aux affrontements autour de Montélimar, plusieurs cartes permettent de suivre la progression de la Task Force Butler.

Cette unité ad hoc, de la taille d’un régiment, regroupe des éléments interarmes (infanterie, chars, artillerie et soutien) articulé autour d’un bataillon de reconnaissance blindé. La vocation de la Task Force Butler (du nom de son chef) consiste à réaliser un raid dans la profondeur pour barrer la N7. Les FFI ne sont pas en reste et complètent l’action des forces américaines. En face, l’armée allemande est largement hétéroclite et dispose d’un faible potentiel de combat. Seule une Panzer-Division est en mesure de mener un combat soutenu. Elle parviendra à maintenir ouvert un couloir sur la N7 afin de permettre aux colonnes en retraite de s’écouler vers le nord. Toutefois, les embouteillages (parfois jusqu’à 14km) sur la N7 permettent à l’artillerie et l’aviation américaine de pilonner impitoyablement l’axe. Bien que les Américains aient échoué à fermer la nasse (et donc anéantir toute une armée allemande en retraite), des centaines de cadavres et carcasses fumantes jonchent les abords. 

Août 1944 : la Bataille de Montélimar reste très factuel et jongle parfois maladroitement entre l’action d’ensemble et la micro-tactique. Quelques fautes de frappe ou coquilles sont à noter. Il ne s’agit pas d’un ouvrage incontournable d’Histoire militaire. J’ai néanmoins apprécié de pouvoir découvrir plus en détail ces combats. Le contenu suffit pour se faire sa propre analyse de la bataille : création et emploi d’un groupement interarmes, raid blindé, logistique, rôle des appuis. Une lecture agréable et légère pour qui veut en connaître plus au sujet de cet épisode méconnu.

Novembre 2020.

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