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Éclectisme des goûts : lecture, Histoire, défense, Star Wars. Des choses à partager et faire découvrir au gré de l'inspiration.

A trop aimer, d’Alissa Wenz

Il y a quelques semaines dans ma librairie favorite, je cherchais un roman à offrir à mon épouse. Sur les chaudes recommandations du libraire (celui qui est passionné et passionnant), j’ai acheté ce premier roman d’Alissa Wenz : A trop aimer. Mon épouse avait beaucoup apprécié cette lecture. Je me suis décidé à le lire à mon tour. Quelques heures seulement m’ont suffi tant le récit est haletant. Le point de départ est simple : une femme tombe amoureuse d’un homme charmeur, spirituel, doté d’une sensibilité artistique affirmée. Leur relation sombre progressivement vers l’emprise et la violence.

Un choix donne au roman sa physionomie : les quatre premières pages nous décrivent la femme échappée de l’emprise. La suite est le récit de cette sortie du gouffre. Tout au long du roman, le lecteur accompagne, impuissant, cette spirale infernale tout en sachant qu’elle ne s’achèvera pas de manière dramatique. A la manière d’une enquête de Colombo, ce choix narratif met en relief tous les ressorts de l’emprise, son cheminement, son point culminant, sa redescente. Détaché de la question de savoir si la femme paiera ou non de sa vie cette emprise, le lecteur peut se concentrer sur les mécanismes décrits par la narratrice.

Je ne suis pas parvenu à comprendre comment un individu aussi intelligent, charmeur, spirituel puisse se muer en un être toxique, un authentique salopard. Pourquoi ne montre-t-il pas son véritable visage immédiatement ? Est-ce volontaire de sa part ? Peut-être que ne pas avoir vécu cette situation m’a privé de certaines clés de compréhension. C’est ce que je suppose en tout cas. En cela la littérature a joué son rôle de questionnement.

J’ai trouvé le roman excellent. Cette réussite tient tout d’abord au style élégant, alerte d’Alissa Wenz, musicienne et auteure-compositrice (il est intéressant de voir sous sa plume les deux mondes se croiser). A l’aune de la narratrice écrasée par son conjoint, l’écriture se resserre, devient fébrile, plus nerveuse et oppressante et fur et mesure que l’emprise s’étend. Avant de se libérer à nouveau une fois la prise de conscience de l’emprise effectuée (ce chapitre me fait d’ailleurs encore l’effet d’un soupir de soulagement). D’autre part par le choc qu’il suscite chez son lecteur. Alissa Wenz lui fait vivre un moment de littérature à la fois magnifique et glaçant, donne à son œuvre un souffle intime qui nous secoue violemment.

Février 2022

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